Histoires de Dépôts #1 , Bellevue

Tous les matins, tous les soirs, et même dans la journée, c'est d'ici que partent et rentrent tous les véhicules du réseau de transport stéphanois: les dépôts. Depuis 1881 et la construction du dépôt de Bellevue, à aujourd'hui avec les multiples dépôts de la STAS, la donne a beaucoup changé en presque 140 ans… Retour sur plus d'un siècle de dépôt de véhicules, avec aujourd'hui le dépôt de Bellevue.


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1881-1993: Bellevue, berceau du réseau

Dépôt CFVE de Bellevue, 1912

La construction. En 1881, la construction des premières lignes de tramway du projet d'Auguste Mundel se complète par celle d'un dépôt place Bellevue, ayant pour vocation d'abriter le matériel roulant exploité ainsi que les ateliers dont dépendent leur entretien. Ce sont ainsi 4300m2 de hangars qui seront construits, pouvant abriter jusqu'à 32 locomotives (des motrices de tramway à vapeur) et une centaine de remorques de voyageurs. Parmi cette superficie, 500m2 (12% du dépôt) constituent des ateliers de réparation et d'entretien, avec une forge et des machines-outils. Vous pourrez découvrir une reconstitution de forge de 1891 lors de votre visite au Musée. A cet espace de stockage s'ajoute au nord-ouest du complexe un bâtiment administratif donnant sur la place Bellevue.


Personnel du réseau posant devant la salle d'attente des voyageurs du dépôt de Bellevue

Des agrandissements. En 1898, après 17 ans d'exploitation du réseau C.F.V.E., le dépôt est une première fois agrandi. De 1906 à 1909, des travaux de même nature eurent lieu, permettant un meilleur accès aux 16 voies de tramway situées dans la partie ouest du dépôt. Il est à noter que les infrastructures durent être adaptées à l'arrivée de la Fée Électricité dans le parc de matériel roulant, les premières motrices électriques de la compagnie ayant été inaugurées en 1907. A ceci s'ajoutera la construction de 8000m2 de nouveaux bâtiments, répartis entre une superficie réservée aux ateliers et une seconde dédiée aux activités administratives. Cet agrandissement massif des installations traduisit alors un changement d'échelle du réseau, et ainsi de l'organisation des équipes qui devaient exploiter, régir et entretenir motrices et voies.


Diagrammes de la place Bellevue et du dépôt en 1895 et vers 1940.

De la métamorphose du réseau à celle du dépôt. En 1942, les premiers trolleybus arrivent à Saint-Etienne, et ceux-ci ont besoin d'espace pour être garés lorsqu'ils ne circulent pas. Le dépôt est alors réaménagé; l'espace couvert réservé aux rames de tramway sera alors transformé en zone de garage des trolleybus, et donc équipé de lignes aériennes de contact bifilaires.


On notera sur les diagrammes ci-dessus l'implantation de voies sur la place vers 1940 et l'importante expansion du dépôt.


Motrice PCC Stéphanoise de 1958 montée sur les nouveaux vérins hydrauliques au dépôt

L'arrivée des motrices PCC. En 1958, les premières motrices PCC arrivent sur notre réseau, et lui permirent d'entrer dans l'époque du tramway moderne. L'ensemble de l'équipement électrique, auquel il était nécessaire d'accéder pour les travaux de maintenance et d'entretien ainsi que les bogies étant situés sous les motrices, un équipement spécial du dépôt était donc requis pour exploiter ce matériel. Les équipes des ateliers virent ainsi leurs techniques et conditions de travail changer. L'année même des premières arrivées de ce type de motrices furent donc créées de nouvelles fosses d'entretien dédiées à ces véhicules, équipés de vérins hydrauliques permettant de soulever les rames afin de permettre aux techniciens d'intervenir sur leurs équipements et bogies sans avoir à démonter l'ensemble (meulage, remplacement des roues,…). Le dépôt fut au fil des évolutions du parc STAS modifié et agrandi. En 1988, un peu plus d'un siècle après sa création, celui-ci vit sa superficie d'accueil de véhicules non-couverte grandement augmentée; sur les 20 500m2 de superficie du dépôt d'alors, 9 000m2 étaient couverts et les 11 500m2 restant étaient donc à ciel ouvert, soit près de la moitié.

Trolleybus Vetra CB45 et CS60 garés dans la partie couverte du dépôt

Le départ pour Transpole. En septembre 1991, la sous-station électrique de Bellevue, mitoyenne au dépôt, est démolie au profit d'une nouvelle sous-station dernière génération construite rue Gabriel Péri. Le 21 avril 1993, l'ensemble de l'administration de la C.F.V.E. fut déplacée dans de nouveaux locaux à Saint-Priest-en-Jarez, le nouveau dépôt de la compagnie nommé "Transpole", et qui est aujourd'hui le principal du réseau STAS. Le 25 avril, c'est au tour du matériel roulant (surtout les rames de tramway) d'être déplacé par convoi vers ce nouveau dépôt.


Le convoi dans la Grand' Rue: tramway, trolleybus, bus; chacun converge vers le nouveau dépôt.
Le convoi des rames de tramway se poursuit sur le prolongement nord, jusqu'au dépôt.

Les véhicules restant, qui exploitent les lignes du sud de la ville, seront répartis dans les autres dépôts du secteur, comme par exemple le dépôt Pierre Copel, aujourd'hui nommé Transparc. Une fois que celui-ci fut équipé de lignes aériennes de contact et pouvait donc accueillir les trolleybus, le dépôt de Bellevue fut finalement démoli. Aujourd'hui, il est remplacé par un jardin public. Toutefois, à l'angle nord-ouest de celui-ci, en lieu et place des bâtiments administratifs de la C.F.V.E., une stèle dotée d'une horloge fut érigée, en hommage au dépôt historique et aux Hommes qui y œuvrèrent. Cette horloge est, au-delà d'un objet pratique, une référence à l'horloge qui ornait la façade du bâtiment administratif du dépôt.


Stèle érigée place Bellevue, en l'honneur des personnels qui ont oeuvré au dépôt pendant plus d'un siècle

Après la destruction du dépôt, son emblématique horloge fut préservée. En effet, ce miroir du temps qui passe fut pendant de longues années le témoin privilégié de la vie des wattmen, des receveurs, des techniciens, des agents de la C.FV.E. et de la STAS, mais aussi des Stéphanois. L'horloge du dépôt de Bellevue fut pour nombre de générations d'entre eux un point de repère et de rencontre. Celle-ci est aujourd'hui exposée à l'accueil du Musée des Transports


Rendez-vous le mois prochain pour le deuxième volet d'Histoires de Dépôts: Transparc et la Région Stéphanoise

Crédits photographies historiques: Musée des Transports / Livre Un désir nommé Tramway

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